TOMBES AU CHAMP D'HONNEUR

merkelmacron

Journal de l'Action Française 15 novembre 2018 01:10 AM

 

En cette période de commémoration du centenaire de la Grande Guerre, il est difficile de ne pas faire allusion aux 2000 militants d'Action française tombés au champ d'honneur. Tout au long du conflit, l'Action Française a publié chaque jour la liste des ligueurs, camelots, étudiants, tués, blessés mais aussi cités ou décorés. En tête, l'un de ses membres fondateurs, Léon de Montesquiou, tué le 22 septembre 2015 et Octave de Barral, président de la fédération des sections de Paris, tué le 5 août 1915.

Pour n'en citer que quelques uns, faisons mentions du poète Lionel des Rieux qui avait été l'un des corespondants de l'Enquête sur la monarchie. Emile Demesmay président de la section lyonnaise; Henry Lagrange, Noël Trouvé, René d'Aubeigné, Jean de Terline, René Paillard, Jacques Baguenier-Désormeaux, les frères Ruellans, Raphaël Rosard, Léon et Théophile Funck-Brentano, François et Henri Guéneau de Mussy, André et Fernand d'Harmenon, Etienne, Max et Pierre Récamier, Jacques de Balorre, Henri Bannier, Henri Lacour, Gabriel Plateau, Jacques de Merlis, Serge Réal del Sarte, Léon Challamel, Jean du Pré de Saint-Maur, Amédée et Paul de Castéras, Bertrand d'Elbée, Théodore de Fallois, Emile Streif, Marcel, Philippe et Robert Helmlinger, René Peringuey, Henry Cellerier, Pierre de Pimodan, Albert Devaulx de Chambord, Fernand Hernandez, Joseph Boissier, Fabrice Cléret, Jean de Barrau, Henri Chabot, Jacques de Guigné...

Pour terminer cette brève invocation, interressons nous au poête Jean-Marc Bernard animateur de la revue poétique, satirique et monarchiste Les Guêpes  et membre du groupe des "Fantaisistes", mouvement qui s'inscrivait en rupture avec les parnassiens et les symbolistes. Animateur du cercle d'A.F de Valence dès 1907, Jean-Marc Bernard collabore également à la Revue critique des idées et des livres  et s'affirme très rapidement comme un disciple proclamé de Charles Maurras. Au bout de trois tentatives il réussit, malgré sa mauvaise vue, à être incorporé comme volontaire dans l'infanterie au début du conflit; il fut tué au front, en Artois près de Carency en 1915. Son oeuvre resta présente dans la mémoire des anciens combattants par le biais d'un poème, De Profundis, que nous reproduisons ici.

DE PROFUNDIS
Du plus profond de la tranchée
Nous élevons les mains vers vous
Seigneur : Ayez pitié de nous
Et de notre âme desséchée !
Car plus encor que notre chair
Notre âme est lasse et sans courage.
Sur nous s'est abattu l'orage
Des eaux, de la flamme et du fer,
Vous nous voyez couverts de boue
Déchirés, hâves et rendus...
Mais nos cœurs, les avez-vous vus ?
Et faut-il, mon Dieu, qu'on l'avoue,
Nous sommes si privés d'espoir
La paix est toujours si lointaine
Que parfois nous savons à peine
Où se trouve notre devoir.
Éclairez-nous dans ce marasme
Réconfortez-nous et chassez
L'angoisse des cœurs harassés
Ah ! rendez-nous l'enthousiasme !
Mais aux morts, qui ont tous été
Couchés dans la glaise et le sable
Donnez le repos ineffable,
Seigneur ! ils l'ont bien mérité.

 

JULIEN LANGARD 11 XI 2018